Picasso et bien d’autres artistes de l’art moderne se sont inspirés de l’art africain traditionnel. L’art du bijou n’a pas échappé à cette influence et de nouveaux créateurs de bijoux africains émergent aujourd’hui dans le milieu de la mode.

La fonction des bijoux traditionnels sur le continent africain

Contrairement à la vision du bijou en Occident, où il est une marque d’esthétisme et de mode, en Afrique, il a un rôle à jouer plus fonctionnel.

Longtemps, en Occident, le port du bijou était réservé à la haute société. Les rois et les nobles se servaient de ces objets pour montrer leur richesse et leur pouvoir. Le peuple ne possédait pas de telles parures.

En Afrique traditionnelle, tous les membres du village portaient des bijoux : roi, chef, sorcier ou villageois. Bracelets, colliers ou bagues n’avaient pas seulement un rôle esthétique, mais aussi un but spirituel. Véritable talisman, il protégeait l’homme qui le portait pour éloigner les mauvais esprits et pour vivre en harmonie avec son environnement. Couleurs et matériaux différaient en fonction de la personne et de sa situation au sein de la communauté. Chaque couleur avait une signification particulière et les matières étaient celles qu’ils trouvaient dans la nature autour d’eux : pierres précieuses, métaux, perles, plumes, bois, etc.

Les bijoux africains contemporains : une signification qui a évolué

Le goût de la mode occidentale pour les bijoux africains a modifié leur sens initial. Ils ne sont plus réalisés pour leur côté spirituel ou ethnique (au sens de l’appartenance à un groupe) mais seulement pour leur esthétisme. Ce succès a entraîné une surproduction et une diminution des coûts et de la qualité pour obtenir plus de rendements. Le bijou africain est devenu un marché lucratif qui entraîne une diminution des savoir-faire locaux. Arrivera-t-on à retrouver une certaine authenticité créative dans cet art ?

Deux exemples de créations actuelles de bijoux africains

Michaël Kra : un équilibre entre l’Afrique et l’Occident

Cet artiste est né en France en 1960 à Lille. Son père était ivoirien et sa mère française. Il cherche dans son travail à atteindre un équilibre entre ces deux univers. Il a travaillé avec des stylistes internationaux renommés dont le français Yves Saint-Laurent. Cela ne l’empêche pas de mettre en lumière l’artisanat africain. Avec le projet POK, il collabore avec des Namibiennes, pour réaliser des bijoux en coquilles d’œufs d’Autruche, typique de cette région du monde.

Les ateliers Kazuri du Kenya

La création de ces ateliers kényan date de 1975. Certifiés par l’IFAT (The International Fair Trade Association) comme équitable, le travail de la perle offre du travail à 300 femmes. Modelée, cuite au four puis emaillée, chaque perle est unique et entièrement réalisée à la main. Elles sont ensuite combinées à d’autres perles pour former le bijou.

Malgré que l’engouement occidental pour les bijoux africains dénature leurs fonctions initiales, quelques projets de créateurs mettent encore en avant le savoir-faire africain. Vous en trouverez d’autres en parcourant le web. Bon voyage !